L’horreur à Naples
L’Italie en accusation après la publication des photos de deux fillettes roms mortes sur une plage de Naples
Une des photos publiées, lundi 21 juillet, par le quotidien italien “La Repubblica” montrant l’indifférence des Italiens devant les corps sans vie, sur une plage de Naples, de deux fillettes roms mortes noyées.
ROME INTÉRIM
Les photos sont choquantes. Sur la plage, la vie continue comme si de rien n’était alors que deux corps gisent sur le sable. Ils ont été recouverts d’une serviette de bain. Près de Naples, samedi 19 juillet, deux fillettes roms viennent de se noyer. Elles s’appellent Violetta et Cristina, respectivement âgées de douze et onze ans. Elles étaient venues du campement voisin vendre leur pacotille sur la plage, comme chaque jour. L’indifférence saute aux yeux.
C’est cette indifférence que dénonce l’archevêque de Naples, Crescenzio Sepe, dans La Repubblica, qui a publié ces photos terribles, lundi 21 juillet. “Ces images, dit le prélat, font encore plus mal à Naples que celles de ces derniers mois de la crise des déchets.”
Les photos font le tour du monde. Un journal britannique, The Independent, écrit à la “une” que “les Italiens n’ont plus de respect de la vie des roms”. Amalgame inévitable entre la mort des deux petites et le recensement en cours dans les camps nomades du pays. Taxé de “raciste” par le Parlement européen, ce fichage est perçu comme la preuve définitive de la “dérive xénophobe” du gouvernement Berlusconi.
RECENSEMENT CONTESTÉ
La communauté rom aussi est indignée. La grand-mère des victimes s’en prend aux secours et à l’indifférence générale sur la plage. Selon les secouristes, au contraire, tout ce qui était possible a été fait. Les fillettes étaient quatre. Il faisait chaud. Elles ont décidé de se baigner, tout habillées, probablement sans savoir nager. La mer était agitée. Deux ont pu être sauvées. Les autorités reconnaissent que si les corps sont restés longtemps sur la plage, c’est à cause des démarches pointilleuses prévues par la bureaucratie dans ce genre de cas.
Ce n’est pas la première fois. Plusieurs cas semblables ont été signalés ces dernières années. Avec des victimes italiennes et étrangères. Reste qu’en ce moment l’Italie est surveillée de près. Une mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est d’ailleurs ces jours-ci dans les camps nomades où se déroule le recensement contesté. Dans la capitale, les opérations de récolte d’informations, conduites par la Croix-Rouge, ont débuté, lundi 21 juillet. D’ici à la fin du mois, le gouvernement doit rendre un rapport complet sur le déroulement du recensement à la Commission européenne.
Un article du journal METRO qui rend compte de la situation particulière des Roms migrants en France
04-05-2008 Alexandra Bogaert
Le bidonville mobile des Roms
La vie des Roms roumains du Val-d’Oise est rythmée par les expulsions et les tentatives pour trouver un emploi…Opération déménagement chez les Roms roumains de Méry-sur-Oise, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Jusqu’à mercredi dernier, une centaine de tsiganes vivaient, dans des conditions déplorables, dans un campement de caravanes. Tapie dans la forêt, l’aire sablonneuse qu’ils occupaient depuis environ un an était située sur la butte de Montarsy, propriété de la ville de Paris. Mais le 23 avril, quelque soixante policiers et gendarmes avaient investi les lieux munis d’avis d’expulsion : expulsion pour tous du terrain occupé illégalement et expulsion du territoire français avec reconduite à la frontière pour une trentaine de Roms roumains qui, bien que membres de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007, ne justifient pas de ressources suffisantes pour demeurer dans l’Hexagone.
Des recours administratifs ont été formulés contre les expulsions du territoire, grâce à la mobilisation d’associations venant en aide à cette population. Un court répit pour les Roms visés.
Ils l’ont mis à profit pour changer d’aire, sans attendre que soit écoulé le délai de quinze jours pour évacuer le terrain. A la faveur d’une éclaircie –les pluies avaient rendu les chemins difficilement praticables- ils ont donc acheminé la cinquantaine de maisons mobiles quelques centaines de mètres plus loin, mercredi. Un saut de puce qui devrait leur permettre de souffler quelques mois, avant une probable nouvelle expulsion.
Conditions d’hygiène déplorables
Le cadre change : les Roms ont troqué un vaste espace boueux en forêt contre une friche plane et dégagée. « Mais les conditions de vie restent identiques », explique Jean-Pierre Dacheux, membre du collectif d’aide aux familles Roms roumaines du Val d’Oise et des Yvelines, qui nous avait conduits mardi dernier (la veille de leur déménagement), jusqu’à eux.
Mardi, midi. De la fumée sort d’une caravane aux pneus crevés. C’est l’heure du repas, les femmes s’affairent. L’une, jupon et foulard colorés, pétrit son pain en plein air. Une autre lisse sa longue chevelure noir ébène, sur le pas de sa porte. Des jeunes hommes, en cercle, font passer le temps en tapant dans une balle, au centre du campement. Des enfants, cheveux en pétard et dents gâtées faute de soins, jouent à leurs côtés. Ils ne sont pas à l’école, le maire de Méry-sur-Oise refuse de les scolariser (voir encadré). Sans eau courante ni toilettes, les conditions d’hygiène sont déplorables et les rats pullulent. Le soir, seul un groupe électrogène et quelques fils électriques détournés apportent un peu de lumière.
Aucun des adultes n’a de travail régulier. Leur français est approximatif et ils doivent décrocher une promesse d’embauche avant d’être autorisé à travailler. « Comme le délai d’obtention est de presque trois mois, les patrons sont découragés ! », déplore Hervé Sorroche, président de l’association Aset (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes). Ils vivent donc de petits boulots au black, mais aussi de la manche et des aliments retrouvés dans les poubelles.
Moins pire qu’en Roumanie
Carmen était puéricultrice en Roumanie. Avec 100 euros par mois, elle avait à peine de quoi se nourrir. Elle nous accueille dans sa caravane –relativement- confortable : vitres en verre et non bâches en plastiques scotchées, comme sur tant d’autres véhicules, rangements en bois et bouquet de fleurs. Elle y vit depuis février avec son mari, ex-chauffeur routier reconverti dans la réparation de palettes en bois, et son fils de 4 ans, Alexandro. Ils sont venus en France parce que leur vie en Roumanie, où les Roms ont subi cinq siècles d’esclavage (jusqu’en 1856) était « très difficile » : « Pas de maison ni caravane mais squat, problèmes administratifs, dur de bien manger… ». Cette Roumaine de 35 ans, qui en paraît déjà dix de plus, est fière de montrer ses nombreux diplômes. Elle ne désespère pas de trouver un travail, « même faire le ménage », et souhaite une « intégration correcte » dans la société. Elle insiste pour démentir le cliché de voleurs de poules et de voitures que les Roms traînent comme des casseroles. C’est aussi cette désastreuse réputation que déplore l’imposant voisin de Carmen, la quarantaine. « Le sigle de la France ‘Liberté, égalité, fraternité’ c’est pas pour nous. Regardez comment on vit ! » Jean-Pierre Dacheux tempère : « Au moins, ici, les policiers tapent moins fort. » Maigre consolation.
Chiffres
On dénombre environ 400 000 Roms (terme utilisé au niveau européen pour désigner les populations tsiganes) français en France. 120 000 sont des voyageurs, qui vivent en caravane.
Il y a entre 5000 et 7000 Roms roumains, bulgares et kosovars en France.
Ils parlent la langue romani, proche de l’italien.
La loi Besson du 5 mai 2000
Cette loi sur l’habitat et l’accueil des Gens du voyage tend à rendre obligatoire l’installation d’aires d’accueil pour les communes de plus de 5000 habitants et la réalisation de schémas départementaux d’accueil des Gens du voyage
Enfants déscolarisés
Quatre grossesses mais deux enfants vivants
En 2007, les femmes Rroms rencontrées par les équipes de Médecins du Monde en Seine Saint-Denis avaient 17 ans de moyenne d ’ âge à la 1ère grossesse. On compte quatre grossesses en moyenne par femme, mais seules deux enfants naissent vivants. Seules 8,3% des femmes enceintes étaient suivies pendant leur grossesse.
Source : Médecins du Monde
Le point de vue du président roumain sur les Roms (à méditer…ou pas)
Lors d’un débat sur le thème de l’éducation organisé hier dans une salle de classe de Bucarest, le président Traian Basescu a déclaré que le problème des enfants de Roms qui ne vont pas à l’école est dû principalement à leur éducation et à leur culture. “N’oubliez pas que j’ai été pendant quatre ans maire de Bucarest, et que je connais les Roms qui vivent dans certains quartiers de la ville. Le problème ne vient pas des enfants et la pauvreté dans laquelle ils vivent n’explique pas tout (…) Les familles de Roms sont en général très nombreuses et les aides qu’ils reçoivent de l’Etat devraient leur permettre d’envoyer leurs enfants à l’école. Mais ils ne le font pas, et c’est un probléme avant tout d’éducation et de culture”, a affirmé le président. Tout en précisant qu’il s’agissait d’un point de vue personnel et qu’il ne fallait pas généraliser. (www.lepetitjournal.com – Bucarest) jeudi 24 avril 2008
Colloque à Besançon sur la scolarisation des enfants Roms
En cliquant sur c lien http://colloqueroms.fcomte.iufm.fr/ toute l’actu sur le Congrès Européen intitulé “Roms d’Europe: ruptures, accueils et scolarisations” qui se tiendra à Besançon du 26 au 30 mai.
Bilan de l’intervention auprès d’une classe de 4ème du Lion d’Angers
L’association est intervenue auprès d’une classe de 4ème du collège Val d’Oudon au Lion d’Angers dans le cadre d’un cours d’espagnol dont le professeur, monsieur Ruppin, s’intéresse aux gitans. L’intervention a duré une heure et demie. Les élèves ont posé de nombreuses questions et la présence de trois élèves manouches dans la classe a permis de multiplier les échanges autour des idées reçues et des préjugés.
La classe à la fin de la rencontre

Exemple de diapositive explicative sur la diversité des
groupes tsiganes et leur localisation géographique

Des femmes roms (kalderash) en habits traditionnels
en Roumanie. Ceux que la population majoriatire et les autres roms
appellent “les Roms traditionnels” ne sont pas (plus) majoritaires.
Plus d’infos sur la page Conférences
Le point de vue des Roms sur la situation au Kosovo (15/03/2008)
L’Union rromani internationale et la situation au Kosovo
LE COURRIER DES BALKANS Mise en ligne : samedi 15 mars 2008
L’Union Rromani Internationale a adopté une série de recommandations sur la situation au Kosovo, au cours d’une réunion de son Parlement mondial, organisée à Murska Sobota, en Slovénie, du 22 au 24 février 2008. Les recommandations évoquent également la situation des Rroms en Serbie et des réfugiés en Europe occidentale – ainsi que la question essentielle de la langue rromani.
(© Gil Guardiola)
Les Communautés Rroms au Kosovo
La situation créée par la déclaration d’indépendance du Parlement du Kosovo a des implications directes pour les communautés Rroms qui vivent au Kosovo et pour celles qui vivent à l’extérieur du pays.
Il existe un danger permanent que les pays européens, où des Rroms ont trouvé refuge, décident de renvoyer par la force ces réfugiés au Kosovo, au prétexte que le Kosovo est devenu un état souverain et sûr.
De fait, ces personnes ont non seulement besoin d’une protection contre les violences physiques et les persécutions ethniques, mais elles doivent avoir accès à l’éducation, au logement, à la santé et à l’emploi d’une manière viable et stable.
Dans tous les cas, les retours ne peuvent être qu’un choix libre de la personne ou de la famille, et en aucun cas une décision administrative qui leur serait imposée.
Une attention spéciale doit être consacrée à la reconstruction sociale et matérielle des quartiers rroms (mahalla), dans toutes les localités et particulièrement à Mitrovica où des efforts importants, mais dont personne n’a parlé, ont été faits par les Rroms originaires de cette agglomération. Ces efforts doivent être soutenus politiquement par les institutions Rrom internationales, comme l’ERTF à Strasbourg, le point de contact Rrom ou l’organisation Sinte de Varsovie. Ils doivent être intégrés dans l’effort global de reconstruction des communautés Rroms du Kosovo.
L’Union Rromani internationale affirme sa volonté d’agir comme un possible médiateur pour le dialogue entre les Rroms du Kosovo et les autorités locales reconnues du Kosovo, ainsi qu’avec les principaux medias de la région.
L’Union Rromani Internationale demande instamment aux institutions européennes de recruter des observateurs, avec l’approbation de l’URI, pour contrôler, évaluer et concevoir des politiques concrètes pour l’avenir. De son côté, l’URI est en train de planifier un organisme de contrôle, d’évaluation et de conseil indépendant.
L’URI recommande d’inclure un expert juridique rrom dans toutes les missions d’exploration qui seront mises sur pied par les organisations européennes et internationales.
L’URI considère comme hautement recommandable de reconnaître la nation rrom au Kosovo comme l’une des quatre nations constitutives de ce pays, aux côtés des nations albanaise, serbe et turque, à égalité avec ces dernières.
Les communautés Rroms en Serbie
L’URI demande aussi instamment aux autorités serbes d’assurer la protection des Rroms déplacés du Kosovo qui pourraient rencontrer de l’hostilité à cause de leurs patronymes d’origine albanaise et/ou musulmane.
La langue romani, langue européenne et internationale
L’URI appelle les autorités européennes et les autorités des pays où vivent des communautés Rroms à reconnaître le rromani comme une langue nationale, à égalité avec les autres langues nationales. Elle lancera les procédures appropriées pour que, dans un premier temps, cette reconnaissance s’effectue au niveau de l’UNESCO, de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe.
L’URI soutient, à cet égard, la Déclaration de Stockholm-Uppsala de la conférence internationale sur la langue rromani, adoptée le 9 janvier 2007. Elle insiste sur la signification du paragraphe 8, qui donne « mandat à un groupe d’experts d’examiner avec des spécialistes internationaux comment développer aussi vite que possible un système en langue rromani pour tous les services électroniques et Internet ». Ce groupe d’experts sera hébergé à l’INALCO de Paris, sous la direction du Professeur Marcel Courthiade. Ce groupe veillera aussi au processus de reconnaissance de la langue rromani.
L’URI approuve le document de travail « Requirements for support of written rromani language in Data processing system », et espère des développements techniques dans d’autres domaines, comme YouTube, etc…
L’URI apprécierait que ses deux commissaires Orhan Galjus et Marcel Courthiade participent à la conférence sur les langues, organisée par le Conseil de l’Europe à la fin du mois de mai 2008.
L’éducation des enfants et des jeunes Rroms
L’URI demande instamment aux responsables des institutions de l’Union européenne, ainsi qu’aux autorités de ses États membres qui ont rejoint la Décennie pour l’intégration des Rroms, de mener une évaluation objective de l’utilisation des fonds et de l’efficacité des dépenses engagées.
La préoccupation première devrait être l’éducation des enfants et des jeunes Rroms, de façon que les système scolaires soient adaptés aux besoins et à l’esprit des élèves rroms, pour que ces derniers ne soient pas rejetés des systèmes scolaires qui, de toute façon, ne sont plus adaptés à la civilisation d’aujourd’hui. Les élèves rroms ne doivent plus être confinés ou envoyés dans des soi-disant « écoles spéciales », qui répondent en rien au soi-disant manque d’adaptation de ces élèves au système scolaire.
La santé, le logement, l’emploi, les médias
L’URI reste très préoccupée par la situation dans les domaines de la santé, du logement, de l’emploi et des médias, qui n’ont connu aucune amélioration ces dix dernières années en dépit des efforts politiques et financiers qui ont été effectués.
La conclusion qui s’impose devant cette situation est que ces efforts n’ont pas été dirigés correctement, à cause du manque de concertation avec les organisations rroms.
L’URI exprime à cet égard sa volonté de s’engager activement avec tous les centres de décision, afin de mettre en avant une vision politique reposant sur la reconnaissance du peuple rrom comme une nation européenne transfrontalière – et non pas comme un groupe social. Notre but est de participer et d’échanger à égalité avec les autres structures rroms et les autres entités au niveau local, national et international, dans le respect de la diversité culturelle ,en acceptant les véritables valeurs rroms – comme Romanipe ou Romaniweltanschaaung, Romani Kris, etc…
La puissante contribution des Rroms à la vie économique, sociale, culturelle et artistique en Europe et sur d’autres continents devrait être reconnue comme un élément nourrissant le processus historique de respect mutuel et de coexistence entre les Rroms et les autres communautés en Europe.
Stanislaw Stankiewiicz, Président de l’Union Romani Internationale
Dragan Jevremovic, Président du Parlement Mondial (URI)
Très bien